Vers une baisse de la croissance du Togo à 1 % en 2020 ?

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La croissance économique du Togo pourrait connaitre une baisse de 5,3 % en 2019 à 1 % en 2020 à cause de la crise liée à la COVID-19. 

Cette pandémie mondiale a eu « des répercussions importantes sur l’économie togolaise », lit-on dans un rapport de la Banque mondiale sur la situation économique au Togo. 

« Les mesures de distanciation sociale et de confinement prises par le gouvernement togolais pour juguler la crise sanitaire ont particulièrement affecté les activités de production et de vente, le commerce de détail, la construction et le tourisme », selon  Thierry Yogo, économiste principal de la Banque mondiale pour le Togo et co-auteur du rapport. 

« Dynamiser l’investissement privé pour plus de croissance et d’emplois » est le titre du rapport.

« La pandémie de COVID-19 a eu un effet négatif important sur le secteur privé et pourrait compromettre l’atteinte des objectifs du programme national de développement», ajoute Thierry  Yogo.

Le rapport  relève que  « les restrictions du trafic aérien, la fermeture des frontières, les mesures de distanciation sociale et de restriction des mouvements conjuguées à la baisse de la croissance chez les principaux partenaires commerciaux du Togo ont porté un coup dur à l’activité économique ». 

Toute l’économie togolaise est paralysée.

« Les petites et moyennes entreprises ont été particulièrement touchées. Selon le rapport, elles sont 41 % dans le secteur agricole et agro-industriel à avoir enregistré une baisse de leurs ventes de l’ordre de 75 à 100 %. De même que 33 % des entreprises du secteur du tourisme, 36 % de la branche fabrication et 35 % des entreprises de transport et logistique » lit-on dans le rapport.

« On constate une baisse de la production et des ventes dans de nombreux secteurs, en particulier ceux dans lesquels le travail à distance n’est pas possible, comme la fabrication, le commerce de détail, la construction et le tourisme », explique M. Yogo. 

Il précise qu’ « environ 62 % des emplois sont touchés, 49 % dans le secteur des services et 13 % dans le secteur industriel. Le nombre d’employés dans les espaces de vente au détail et de loisirs a diminué de 30 % et la présence au travail a diminué de 12 % par rapport aux niveaux antérieurs à la pandémie de Covid-19.»

Le rapport s’achève sur une note d’espoir en indiquant que « la croissance pourrait progressivement retrouver le niveau d’avant crise à partir de 2022, grâce aux investissements publics dans les infrastructures et au regain de l’investissement privé, si les réformes en faveur de l’amélioration du climat des affaires se poursuivent et s’amplifient ».

Il faudra des facilités d’accès au  financement,  l’amélioration de  la qualité ainsi que la réduction des coûts d’accès à l’électricité,  à internet et à la  téléphonie mobile.

Le rapport propose également l’allègement de la fiscalité sur les entreprises.

 « Continuer à miser sur l’investissement privé comme levier de relance économique sera crucial pour renforcer la résilience du Togo face aux vulnérabilités économiques et sociales révélées par la crise du coronavirus », soutient  Hawa Wagué, représentante résidente de la Banque mondiale pour le Togo.