1 March 2024
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Faible croissance économique en Afrique : la Banque Mondiale propose de mieux valoriser les ressources naturelles

La croissance économique en Afrique et plus particulièrement de l’Afrique subsaharienne est sujette à de forts ralentissements, qui devraient s’aggraver dans les années à venir. 

Selon la dernière édition de l’Africa’s Pulse, la mise à jour économique d’avril 2023 de la Banque mondiale, la croissance économique en Afrique subsaharienne devrait ralentir, passant de 3,6 % en 2022 à 3,1 % en 2023. Cette situation, selon les analyses de la Banque Mondiale (BM), est due à plusieurs facteurs. Il s’agit notamment de l’incertitude de l’économie mondiale, la sous-performance des plus grandes économies du continent, une inflation élevée et une forte décélération de la croissance de l’investissement,

Pour d’autres régions et grandes économies du continent, la situation n’est pas meilleure. Toujours d’après le dernier Africa’s Pulse, l’activité économique en Afrique du Sud devrait encore s’affaiblir en 2023 (0,5 % de croissance annuelle) en raison de l’aggravation de la crise énergétique, tandis que la reprise de la croissance au Nigéria pour 2023 (2,8 %) demeure fragile, la production de pétrole restant modérée. La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de la sous-région de l’Afrique de l’Ouest et du centre devrait baisser à 3,4 % en 2023, contre 3,7 % en 2022, tandis que celle de l’Afrique de l’Est et australe reculerait à 3,0 % en 2023, contre 3,5 % en 2022.

Pour ce qui concerne l’inflation, la BM estime qu’elle semble avoir atteint son maximum l’année dernière, elle devrait rester élevée, à 7,5 % en 2023, et dépasser les fourchettes cibles des banques centrales dans la plupart des pays. La croissance des investissements en Afrique subsaharienne est passée de 6,8 % en 2010-2013 à 1,6 % en 2021, avec un ralentissement plus marqué en Afrique de l’Est et australe qu’en Afrique de l’Ouest et du centre.

Miser sur les ressources naturelles 

Malgré ces défis, le Kenya, la Côte d’Ivoire et de la République démocratique du Congo (RDC), ont enregistré des taux de croissance respectifs de 5,2 %, 6,7 % et 8,6 % en 2022. En RDC, le secteur minier a été le principal moteur de la croissance en raison d’une expansion des capacités et d’une reprise de la demande mondiale.

D’après la BM, la valorisation des richesses en ressources naturelles offre la possibilité d’améliorer la viabilité des finances publiques et de la dette des pays africains, mais le rapport met en garde contre le fait que cela ne peut se produire que si les pays adoptent des politiques adéquates et tirent les leçons des périodes d’expansion et de ralentissement économique passées.

« La décarbonisation rapide du monde apportera des opportunités économiques significatives à l’Afrique. Les métaux et les minéraux seront nécessaires en plus grandes quantités pour les technologies à faible teneur en carbone telles que les batteries. Si de bonnes politiques sont mises en place, ces ressources pourraient augmenter les recettes fiscales, accroître les opportunités pour les chaînes de valeur régionales qui créent de l’emploi, et accélérer la transformation économique. » estime James Cust, économiste principal à la Banque mondiale.

À l’heure de la transition énergétique et de l’augmentation de la demande de métaux et de minéraux, les gouvernements riches en ressources ont la possibilité de mieux tirer parti des ressources naturelles pour financer leurs programmes publics, diversifier leur économie et élargir l’accès à l’énergie. 

Le rapport indique que les pays pourraient potentiellement plus que doubler les recettes moyennes qu’ils tirent actuellement des ressources naturelles. Capturer ces ressources fiscales sous forme de redevances et d’impôts, tout en continuant à attirer les investissements du secteur privé, nécessite des réformes et une bonne gouvernance.