18 April 2024
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La Banque Mondiale suspend son partenariat avec la Tunisie

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale, le mardi 21 février 2023, le président tunisien, Kaïs Saïed  affirmait entre autres que « Des hordes” de migrants clandestins d’Afrique subsaharienne causant des « violences et actes inacceptables » sont une menace pour l’identité « arabe et islamique » du pays.

D’après lui, ces migrations incontrôlées de populations noires s’inscrivent dans « un plan criminel” pour « modifier la composition du paysage démographique de la Tunisie » afin d’en faire « un pays purement africain ». En réaction, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne dont la Guinée et la Côte d’Ivoire se sont lancés dans le rapatriement de leurs ressortissants présents en Tunisie. 

Même si ce dimanche 5 mars 2023, les autorités tunisiennes ont annoncé des mesures pour faciliter les procédures de séjour des étudiants subsahariens et assouplir celles pour les départs volontaires de migrants irréguliers vers leur pays, l’effet “boule de neige” des propos du président tunisien continuent de faire leur effet.

Le dernier en date est la décision de la Banque Mondiale de suspendre les discussions sur son cadre de partenariat avec la Tunisie. L’information est issue d’ une note interne adressée ce lundi 6 mars 2023, par le président du groupe de la Banque mondiale (BM) à ses collègues de la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord) par mail.

Migrants et minorités, préoccupations de la Banque Mondiale

D’après le communiqué de la Banque Mondiale, « Les discussions sur le Cadre de partenariat pays de la Banque mondiale avec la Tunisie, définissant les orientations stratégiques des engagements opérationnels à moyen terme (2023-2027), ont été temporairement suspendues par la direction de la BM, sur fond des récents évènements concernant les migrants subsahariens. Le dialogue et l’engagement avec les autorités tunisiennes sont maintenus ». 

Pour la Banque Mondiale, les migrants font partie des cibles des actions de la Banque Mondiale. Précisant les motifs de cette suspension, le Président de l’institution a indiqué que « La sécurité et l’inclusion des migrants ainsi que des minorités font partie des valeurs fondamentales portées par l’institution, à savoir l’inclusion, le respect et l’antiracisme sous toutes ses formes. La direction du Groupe de la Banque mondiale l’a exprimé sans équivoque auprès du gouvernement. Elle a également pris note des mesures positives prises par le gouvernement pour apaiser la situation ».

« Le travail du Groupe de la Banque mondiale en Tunisie est consacré à améliorer les conditions de vie de tous les citoyens, résidents ou immigrants. Nous restons pleinement engagés dans nos opérations en Tunisie, œuvrant pour ses habitants dans le respect de nos valeurs », a précisé le communiqué.

Tout porte à croire qu’un recul de la Banque Mondiale vis-à-vis de la Tunisie va porter un coup au pays déjà en proie à une véritable crise socio-économique.